Jetez la pierre

«Au jour du malheur réfléchis» – Ecclésiastes 7:14

Le Jugement. Un mot qui terrifie lorsque nous sommes ceux en proie à la sentence, mais qui paradoxalement peut parfois devenir un allié lorsque nous plaçons autrui sur le banc des accusés. Ceci dit, que se passe-t-il lorsque l’on voit ce cher autrui, qui l’a peut être bien cherché, passer par un jour de malheur?

À l’ivoirienne, dans ce genre de situation les fameux «ça l’a loupé» ou «il n’a rien vu encore» prennent souvent le dessus. À travers ce flots de paroles, la plupart du temps peu constructives et blessantes, nous criblons autrui des pierres de nos jugements. Et malheureusement en jetant ainsi nos pierres sans vergogne, nous mettons de côté cette belle qualité dont est dotée notre humanité, nommée l’Empathie. L’Empathie que nous laissons à tort en arrière-scène, que l’on gagnerait d’ailleurs à revêtir, même si autrui semble payer les frais du karma.

Récemment, j’ai vu quelqu’un qui m’avait à plusieurs reprises blessée par ses paroles et son agissement, passer par une situation peu réjouissante. La tentation de ressasser ses agissements blessants était plus que forte…la lutte était réelle! Cependant, le terme a été mis à ce duel intérieur lorsque deux paroles me sont revenues à l’esprit. La première est le passage de la bible où le Christ répondit aux pharisiens voulant lapider une femme ayant commis l’adultère ceci «que celui d’entre vous qui n’a jamais péché, lui jette le premier la pierre». Cette parole avait le mérite d’être claire. Mais il fallu qu’à celle-ci se rajoute une phrase que l’on me répète depuis que je suis petite: «si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi». À elles seules, ces deux phrases venaient de siffler la fin du duel, en démolissant d’un coup sec cette irrésistible tentation de jetez les pierres de mon jugement. Ressasser ce passé en y ajoutant une couche n’était en rien préférable au silence. Cela aurait été gratuit et méchant. Alors, plutôt que d’être blessante, j’ai essayé comme je le pouvais de motiver cette personne. Ces deux passages, en plus de m’avoir donnés une belle leçon, sont venus parler à ma conscience et chercher au plus profond de moi l’Empathie que je m’apprêtais à mettre de côtés.

Alors, lorsque autrui passe par un jour de malheur, quand bien même cela nous semble dûment mérité, ne soyons pas blessants. Au jour du malheur, ne jugeons pas, mais Réfléchissons. Donnons un coup de main plutôt qu’un jet de pierre.

Sur ce, j’aimerais finir, chers lecteurs et lectrices par cette petite question rhétorique: jetez-vous la pierre ou portez-vous le manteau de l’empathie dans ces situations?

Signé J-M!

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