La Fée de Bouna

C’était déjà la troisième feuille qu’elle jetait avec amertume à la poubelle. Pour la première fois depuis leur suave rencontre, ses précieux alliés, les mots, refusaient de coopérer. Elle qui les avait si souvent dompté était à présent la spectatrice impuissante de leur insurrection. Les figures de styles se sont rebellées en métaphore, la conjuguaison a décidé de se désorienter, et la grammaire a proclamé la fin de sa docilité.
Elle ne pouvait plus écrire cette histoire avec l’armure du détachement et de l’illusion. Elle était dorénavant à la merci de ses alliés rebels, qui ont dicté pour loi, l’effusion des émotions…

Elle voulait commencer l’histoire par la traditionnelle “il était une fois…”, mais la réalité est que dans son cas il n’était pas une fois. Il y eut non pas une mais plusieurs fois où le Combat s’imposa, mais la Foi triompha. Ainsi, les mots lui imposèrent de commencer par l’incipit “Il était la Foi de la Fée de Bouna…”.

Il était la Foi de la Fée de Bouna, une Foi aussi inspirante que touchante, qui ne suscitait à son passage qu’admiration et inspiration. La Fée de Bouna, malgré sa douceur qui lui prêtait à tort l’apparence de la fragilité et de la vulnérabilité, était paradoxalement l’une des femmes les plus fortes que son entourage ait connu. Sa Force était l’écho de sa Foi.
Une décennie plus tôt, un chef d’orchestre aux intentions perfides et démoniaques s’immisca dans son quotidien et bouleversa sa vie. Sa vie et celles de son environnement en furent plus que chamboulées. Cet orchestre aux mélodies de la méchanceté lui insufflait à répétition les symphonies du Combat. De dures mélodies martelantes progressant en crescendo. Pourtant, au fil des années, elle ne fléchissait pas. Malgré l’adversité et les moments où le moral était bas, elle tenait bon. Cela déplut d’ailleurs au chef d’orchestre qui amplifia la portée de ses symphonies de combats. Mais elle tenait bon. Elle tenait bon grâce à la Foi, grâce à sa Foi. Elle gardait à l’esprit qu’il fallait marcher par elle et non par la vue. Le retentissement des notes des symphonies ont créé en elles des blessures dont les cicatrices se sont transformées en incubateur de forces, grâce au doigté magique du Musicien par excellence.

Au jour du déclin du chef d’orchestre et de ses musiciens, jour fatidique tant attendu, nombre de personnes guettaient sa réaction. Serait-elle animée d’une verve vindicative après tant de méchanceté? Tous se le demandaient, et certains même en faisaient des paris, avec pour gage la connaissance qu’ils avaient acquise d’elle à travers leur amitié. Mais, cet enfant des terres du Zanzan fit le choix de l’amour et de la miséricorde, devenant ainsi une femme iconique. Le genre de femme qui vous marque à jamais et qui vous laisse pour stigmates le parfum de l’amour et la soif de la Foi. Le genre de femme qui en réalité est une Fée…

Sur ces mots s’achevaient les bribes de l’histoire que la rebellion des mots avait bien voulu retranscrire. Les bribes d’une histoire dérobées au coeur de l’auteur, afin qu’elle retrace les saveurs de mélodieuses de sa Foi à travers cette feuille de papier.

Signé J-M!

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2 thoughts on “La Fée de Bouna

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