Bras de Fer

“Untel est plus beau que moi”
“Je suis plus intelligent qu’untel”
“J’aimerais tellement être comme untel”
“Mon objectif est de dépasser untel” […]

Les scénarios sont pluriels, mais le refrain est le même. Ils traduisent tous une même réalité: celle du bras de fer perpétuel avec ces géants que sont la Rivalité, la Compétition et la Jalousie.

Rivalité, Compétition, Jalousie…des géants qui portent en silence des maux de notre société.
Rivalité, Compétition, Jalousie…des géants qui plantent des semences insidieuses au fond de nous.

Alors chers lecteurs et lectrices, et si on en parlait?

Paolo Coelho disait dans son livre Zahir ceci:

« Il est tellement important de laisser certaines choses disparaître.
De s’en libérer. De s’en défaire. Il faut comprendre que personne ne joue avec des cartes truquées, parfois on gagne, et parfois on perd.
N’attendez pas que l’on vous rende quelque chose, n’attendez pas que l’on reconnaisse vos efforts, que l’on découvre votre génie, que l’on comprenne votre amour.
Vous devez clore des cycles. Non par fierté, par incapacité, ou par orgueil, mais simplement parce que ce qui précède n’a plus sa place dans votre vie. Fermez la porte, changez de disque, faîtes le ménage, secouez la poussière.
Cessez d’être ce que vous étiez, et devenez ce que vous êtes.»

Ce passage d’une véracité épatante porte l’essence de ce que j’aimerais aborder avec vous aujourd’hui, en mettant un point d’honneur sur ces faux-acolytes des temps modernes.

S’il est vrai que nous sommes dans une société où tous les paramètres de nos vies sont sujets à une forte apologie de la rivalité et de la compétition, la réalité n’en demeure pas moins que leur essence est néfaste. C’est d’ailleurs le triste paradoxe de ces mots, car leur nature tend à se perdre derrière le voile de l’ambition et du succès, laissant ainsi place à une attitude complaisante à leur égard. Et pourtant…!
Il n’est pas rare d’entendre aujourd’hui que la compétition est un moteur efficace de motivation, encore moins d’entendre qu’un fragment de jalousie est mignon et constitue une preuve d’amour, et que la rivalité permet d’aller plus loin…mais en réalité tout ceci n’est qu’affabulation, illusion, mensonge.

Vous savez, s’il y a autant de complexes, une prolifération du syndrome aiguë de la comparaison, et la présence sournoise de la haine et de la colère à chaque recoin de notre société, c’est bien parce que ces trois maux ont pu la pénétrer sans nous voir sourciller. D’ailleurs, aucun de ses maux n’a de lien avec l’Amour. Car comme St Paul le disait dans 1 corinthiens 13, “l’Amour n’est point envieux. L’Amour ne se vante point, il ne s’enfle point d’orgueil. Il ne se réjouit point de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité.”
Alors, percevez l’illusion derrière le postulat supposé d’expression d’amour. L’envie, l’orgueil, l’amertume, la médisance, sont bien souvent les échos de ces mots.

Pendant longtemps, j’ai été plus que complaisante avec eux, et ce faisant, je ne cessais de me comparer aux autres, qui étaient à tort mes baromètres. Évidemment, j’étais loin du compte et mes complexes en ont été de lourds stigmates: pas assez ceci, trop cela, et j’en passe, et ce refrain sempiternel fredonnait en boucle. C’était un disque aux mélodies rongeuses dont je devais me débarrasser. Mes larmes aussi ont été des stigmates. J’ai pleuré suite à de nombreuses comparaisons, et même pour des notes à l’école. Ces larmes versées pour les notes n’étaient pas au nom de ma régression personnelle, mais parce qu’autrui avait quelques points de plus que par moment j’estimais non mérités. Voyez-vous, par sentiment de rivalité et de compétition, je m’autoproclamais juge aussi inconsciemment. Erreur! La crème de la crème, dit-on, mais encore avec autrui pour baromètre.
Avec le temps et plus de maturité, j’ai compris que la Rivalité, la Compétition et la Jalousie étaient plutôt que des moteurs de motivation, des moteurs qui conduisaient à la perte. Le meilleur moyen de rater sa destinée et sa légende personnelle est de succomber à leur appel! En effet, plus on se compare aux autres et on se laisse bercer par la rivalité et la jalousie, plus nous nous éloignons du trésor unique qui sommeille en nous. Nous vivons dans l’ombre des autres, au détriment de notre identité.
Il faut donc oser tenir tête à ses géants! Bien qu’il soit plus facile de succomber à leur charme, ce dont il faut se rappeler est que chacun de nous est une créature unique qui n’a rien à envier à personne. Chacun à son histoire et le fait que l’autre brille n’annihile rien à notre éclat. Ainsi, notre vrai baromètre n’est pas autrui, mais nous-même. Notre compétition n’est pas autrui, mais nous-même. Chaque jour, nous devons chercher à devenir une meilleure version de nous et cultiver chaque jour un peu plus le trésor enfoui en nous qui ne demande qu’à briller de mille feux.

Sur ce, si le penchant pour ces trois géants vient sonner à votre porte, répondez-leur que vous avez choisi d’arrêter le bras de fer car certaines batailles ne méritent même pas d’être menées. Répondez-leur que leur mélodie est caduque et que la seule mélodie à laquelle vous avez décidé de succomber est celle de votre identité. Vous avez fait le choix de cesser d’être qui vous étiez et de devenir pleinement qui vous êtes.

Cessons chers lecteurs et lectrices le bras de fer, et Poursuivons à présent notre légende personnelle!

Signé JM!

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s