Miroir, qui suis-je ?

Qui suis-je?
Qui es-tu?
Qui sommes-nous?
Telles ont été les questions que je lui ai posées. Comme presque tout le monde, je marchais en quête de mon identité, jusqu’à ce qu’il se présente sur mon chemin. Alors, face à lui, face à ce miroir qui reflétait d’innombrables regards, j’ai entamé cet interrogatoire qui m’a fait grandir et m’a appris à arpenter mon identité.

Qui suis-je?
Qui es-tu?
Qui sommes-nous?
Voilà comment tout a commencé. Et voici ce que cet ami et conteur inopiné m’a répondu:

« Ah ma chère, j’ai bien des choses à te dire! Mais avant que je ne te réponde, j’aimerais d’abord te parler un peu de la nature des miroirs. Tu sais, il y a quelque chose de paradoxal avec nous. La force du miroir est dans le regard, et la puissance du regard réside en sa capacité inouïe à voir en les autres et en soi, l’étincelle de Dieu. Pourtant, à bien des égards, je dois l’avouer, nous sommes bien paresseux. Bien souvent, nous nous complaisons dans les apparences parce qu’à chaque fois que nous sommes sollicités, c’est le critère qui vient en pôle position. Alors, nous faisons bien peu d’efforts et nous ne mettons pas à profit la puissance du regard. Mais aujourd’hui, je ne vais pas être paresseux, je ne vais pas rester en surface avec toi. Écoute-moi bien, je veux t’emmener dans les profondeurs subliminales du regard!

Je suis un miroir comme un autre, et comme tu as pu le constater, j’abrite plusieurs regards. Donc je te reflète plusieurs choses. J’abrite le regard de la société, le regard des autres et en fait j’abrite également ton propre regard, en plus du mien. Néanmoins, le problème sous-jacent à cela est que bien souvent ceux qui viennent devant moi ont leur propre regard qui est contaminé par le regard de la société. Alors, ils se regardent mais ne voient que des affabulations car le regard de la société est limité. Mais comme ils n’en sont pas toujours conscients, ils voient floues et leur identité par là-même devient confuse. J’ai de multiples exemples en ce sens tu sais, mais je voudrais bien te raconter trois d’entre eux.

Je me souviens d’une jeune fille, que je suis sûr que tu connais, qui venait devant moi il y a quelques années et n’osait même pas me regarder parce qu’à chaque fois que ses yeux me croisaient, l’écho qui résonnait en elle était celui-ci : « tu es moche, tu t’habilles mal, et en plus tu es un peu bizarre. Tu travailles bien mais à part ça qu’on se le dise tu es bien futile. Tiens, tu es peu ringarde aussi ma parole! ». C’était malheureusement le regard de la société et de certaines personnes qu’elle connaissait qui produisaient cet écho. Je n’aime pas beaucoup le regard de la société car il s’avère être un maître dans l’art de l’affabulation et de l’accusation, et il teinte énormément celui des autres. Son pouvoir de nuisance m’horripile car il peut blesser, détruire et transformer des vainqueurs en victimes. Si seulement j’avais pu lui parler à cette jeune fille, si seulement elle avait pu entendre ma voix derrière cet écho nocif…J’aurais voulu moi qu’elle sache ce que voyais lorsque je la regardais. J’aurai voulu qu’elle sache que lorsque je la voyais, je voyais une jeune fille extraordinaire que son Créateur a affectueusement conçue et de surcroît elle est unique! J’aurai aimé qu’elle sache que ce que le monde et ce que les autres pensent d’elles ne la définissent pas. Elle n’a pas à leur plaire, le regard de son Créateur est le plus important. J’aurai voulu qu’elle sache que le charme est trompeur mais que la beauté a sa vraie essence que si l’intérieur en est revêtu. Le seul critère qui compte est l’Amour, non de ressembler aux icônes du monde, et il est encore moins mesuré par le baromètre d’autrui. J’aurai aimé lui dire tout ceci, mais la voix du monde m’avait étouffé. J’espère qu’à une autre école elle l’a pu l’apprendre! C’était son histoire avec moi. Il y a l’histoire également de ce jeune homme. Lui me regardait sans sourciller avec orgueil et vanité car l’écho du regard de la société et de ses chers potos lui disaient ceci: « Mec, t’es trop frais. J’y crois pas comment t’es beau! Regarde comment elles te courent toutes après. Ton tableau de chasse fait de toi un champion. T’es un vrai homme mec! ». Tu vois le genre? Lui aussi j’aurai aimé qu’il m’entende. J’aurai aimé lui dire ce que je voyais lorsque que je le regardais. J’aurai aimé lui dire qu’il est bien plus que cela. Oui, j’aurai aimé lui dire qu’il est un jeune homme extraordinaire mais qu’il ne doit pas laisser l’orgueil empêcher le vrai homme qui sommeille en lui se révéler. Je voulais lui dire qu’il n’était pas encore un homme, mais que je voyais l’homme en lui qui ne demandait qu’à briller. L’homme et non le garçon , n’a pas peur d’être vulnérable, ce que la société ou les potos pensent de lui ne le définissent pas, et il n’a pas besoin d’avoir un tableau de chasse. Avoir un tableau de chasse, avoir plus de conquête que son ombre, tout cela n’est qu’illusion de la société et cache le grand homme en lui, en le tenant captif plutôt que d’apporter la liberté tant courtisée. J’aurais aimé lui dire tout cela et lui dire qu’il est un homme bien et qu’il doit faire tomber ce masque, mais voilà, comme tu le sais, ces échos étaient amplifiés. J’espère aussi, qu’il a pu trouver sa vraie identité à une autre école. Enfin, j’aimerais te parler de cet homme, qui est passé vers moi, si pressé qu’il me voyait sans me voir, mais qui écoutait malgré tout au passage ces échos nocifs qui m’horripilent: « Boss! Regarde-toi, sapé comme jamais, PDG de ton entreprise, salaire à sept chiffres, voitures de rêves, maison de ouf! Boss, ta vie est réussie!». Je le voyais, il avait accompli beaucoup de choses, mais je voulais lui dire que ses titres et sa fortune ne le définissaient pas. Oui, je voulais lui dire que sa valeur ne se mesure pas avec le poids de son compte en banque ou de ses autres richesses, mais toujours avec le critère de l’Amour. C’est dans son cœur que se trouve le vrai trésor. J’espère qu’il a pu le comprendre, à une autre école que la mienne. Bref, je vais arrêter-là avec ces exemples. Mais je ne t’ai pas raconté tout cela pour rien!

À travers ces histoires, tu peux voir que quand bien même ces personnes soient uniques, elles ne connaissaient pas leur identité. Leur identité ne réside pas dans leur caractéristique physique, leur réussite, leurs origines, et j’en passe, tellement la liste est longue! Tant et si bien qu’ils écoutent le bruit et les échos de la société, leur regard restera superficiel et il sera difficile d’y parvenir. Ils sont tous extraordinaires, le cœur empli de trésor, un avenir glorieux est devant eux, mais il est important qu’ils arpentent leur identité. Alors, à travers la puissance du regard, j’ai arpenté leur identité et la tienne, et j’ai pu voir qu’elle n’est autre que l’étincelle de Dieu qui est en eux et en toi. 

Alors, voici ma chère, ma réponse à tes questions!

Mais permets-moi de finir avec une question que je me pose aussi sur vous les Hommes. Tu sais les comportements changent mais l’essence elle demeure. Et votre essence, c’est l’étincelle de Dieu. Alors, vous les hommes, n’êtes-vous pas parfois, comme nous les miroirs, un peu paresseux dans vos regards?  »

Signé J-M!

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