Oui, je le veux! 

Telle une mariée traversant l’allée centrale de l’église pour rejoindre son futur époux, j’avançai vers l’autel. 

J’aurais voulu avoir cette démarche mixant prestance et majesté, cette robe blanche et immaculée, mais je dois avouer que ma démarche semblait quelque peu nonchalante du fait des fardeaux que je transportais, et ma robe portait les tâches de l’égo. Je peinais à avancer tant mes pas étaient lourds. Chaque pas vers l’avant me donnait l’illusion de reculer, et le silence environnant semblait faire résonner la honte du passé, des actes manqués, des fautes mal assumées.
Le décor ne semblait présager des noces, mais je continuais d’avancer, les yeux fixés sur Celui qui m’attendait à l’autel. J’avais hâte de le rejoindre, mais mon coeur valsait entre la joie et la honte. Honte qu’il voie une mariée avec tout ce cortège peu élogieux. Mais je continuais d’avancer, car il m’avait choisi et aujourd’hui je voulais lui dire que je le choisissais également pour toujours. 

Après une traversée périlleuse, j’arrivai enfin vers lui. Il était là, d’une beauté inqualifiable, d’une pureté contagieuse, et fort de son regard empreint d’amour. Il ne me repoussa point, mais me prit dans ses bras. Je me blottissais dans ses bras délicats, gorgés de l’amour que son regard m’avait communiqué. Je ne voulais me défaire de cette étreinte, tant j’avais soif de son amour. Ses bras me réconfortaient, et ce moment de communion détachait au fur et à mesure mes fardeaux. Cette étreinte dans laquelle je m’abandonnais rendit ma robe étincelante, et mon visage qui portait les stigmates de la honte devenait lumineux. Sa présence, son contact, son amour, me transformaient. Nul mot n’avait été dit, mais nos cœurs étaient déjà au diapason. 

Après cette étreinte qui sembla durer une éternité tant le temps s’était figé, il me demanda si je voulais l’épouser. Il me demanda avec tendresse si je voulais sceller une alliance avec lui en cette Pâques. 

Il m’avait choisi le premier, il m’avait aimé au point de donner sa vie et d’être humilié pour moi. Aujourd’hui, devant cet autel, je n’avais pour désir que de lui appartenir et de répondre favorablement à son appel. De tout mon coeur, les yeux emplis de larmes, je lui répondis alors:

” Mon Rabbouni, 

Mon premier amour, 

Je ne désire que toi, je ne désire que t’appartenir.

Je t’aime tellement, je ne désire que demeurer à tes côtés car tu es mon bien le plus personnel. 

Alors que je suis venue vers toi avec mon péché et mon iniquité, tu ne les as point considérés.

Tu ne m’as pas condamnée, mais tu m’as purifiée.

Alors que la honte voulait m’ensevelir, par ton étreinte ta grâce a surabondé.

Alors que je m’étais éloignée, tu m’as attirée à toi. 

Je ne veux que toi, tu es tout pour moi. Sans toi ma vie est fade, confuse et je ne peux vivre.

C’est pourquoi, je décide de renoncer à moi, à mon égo surdimensionné, à ma vanité, à mon égoïsme, à mes propres intérêts, à mes propres raisonnements, à mes propres ambitions, pour te suivre. Je m’abandonne à toi toute entière car je désire que ce ne soit que toi qui resplendisse dans ma vie. Je m’abandonne à toi car je désire qu’en moi, ce ne soit que toi que l’on voit. Je décide de mourir à moi afin d’avoir la vie en toi…je te dis donc mon bien-aimé : OUI, JE LE VEUX!” 

Signé J-M!

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